Les Carnets d’Albert Camus : Exercices solaires

Déguster les trois tomes des Carnets de Camus, c’est affronter les deux faces de son soleil invincible: l’or et le noir, tout au long d’un défilé d’aphorismes et de pensées brillantes, anecdotiques ou hermétiques. C’est également l’émotion de voir vieillir un homme de cœur, ambivalent et évoluant dans toute l’Europe avant pendant et après la …

L’été invincible d’Albert Camus

Pour ma mère. J’ai toujours eu l’impression de vivre en haute mer, menacé, au cœur d’un bonheur royal. Albert Camus, La mer au plus près. « À midi sur les pentes à demi sableuses et couvertes d’héliotropes comme d’une écume qu’auraient laissée en se retirant les vagues furieuses des derniers jours, je regardais la mer qui, …

La vie sous Terre (Ils ne sentent rien)

Et qui tolère le bruit est déjà un cadavre. Guido Ceronetti, La patience du brûlé. « Voici ce dont j’ai souvent été témoin empruntant l’une de ces vieilles lignes de train en sous-sol où c’est encore un conducteur humain aux commandes, et que dans la vitesse d’une longue courbe le wagon se remplit de plaintes et grincements …

Armel Guerne et les Romantiques

« C’est la gloire des Romantiques, juste devant la précipitation des temps modernes qu’aucune main humaine bientôt n’allait pouvoir retenir, d’avoir écouté ce sang-là en eux-mêmes, d’avoir voulu pour notre temps, à la façon universelle des poètes, joindre encore et réappartenir plus sensiblement que jamais à cette humanité profonde, toujours la même au fond des âges. …

James Ellroy, Où je trouve mes idées tordues

« Wambaugh m’a changé pour toujours. Voici comment je le sais: Quand je l’ai lu, ma vie m’a fait honte. » « Apprendre, c’est une vraie vacherie. J’ai appris à la dure. Je ne recommande l’expérience à personne. Des circonstances extravagantes m’ont frappé de plein fouet. J’ai cultivé le don et la malédiction de l’obsession. Le don a …

Jacques Chessex, alcool et résistance

« Geneviève Bridel : (…) C’est le vertige alors qui vous attirait dans l’alcool ? Jacques Chessex: Non, c’est le culte de la paresse. La consommation régulière et massive d’alcool entretenait en moi une sorte de paresse musicienne, peuplée, harmonieuse et immobile. Je ne buvais pas de manière gesticulatrice, je n’ai jamais été un ivrogne agité. …