« Laissons aux idéologues du déclinisme l’illusion d’un âge d’or révolu de la littérature – et osons être présents à notre monde. »
Creuse, trouve
« Laissons aux idéologues du déclinisme l’illusion d’un âge d’or révolu de la littérature – et osons être présents à notre monde. »
Écrit dans les années 1960 par un fou du désert américain, écrivain-culte de la contre-culture et du nature writing, et fervent insolent incorruptible, ce roman traduit par Jacques Mailhos est ramassé comme un feu de bois improvisé, allumé au cœur d’une nuit froide mais magnifiquement étoilée.
Parfois il accroche un morceau d’extérieur qui fuit à toute blinde par la fenêtre de son train régional, parfois il remonte par l’écrit le pantalon de son père.
Son petit livre ci-présent, une fois apprivoisé dans une paume assouplie, se révèle nourrissant, et surtout, et c’est tout de même bien ce qu’on peut décemment lui demander aussi, fourmille d’un divertissement boutant tout anodin hors de ses sphères. Il n’y a rien d’anodin, rien de superflu dans les anecdotes racontées, du port du masque au moulage mortuaire dans la Rome antique, de la culture de la victime à la prescience du 11-Septembre dans un numéro des X-Men un mois avant l’Impact qui a renversé notre génération.
Mais consciemment ou non, l’expérience à laquelle aspire l’écrivain, qu’il parviendra peut-être à goûter si les circonstances sont favorables, est, au sens le plus large, de nature profondément religieuse.
Le cancer de Wanda ne lui laisse plus de doute : elle va en mourir, et rapidement. Abordant les soixante-dix ans sans comprendre où ils sont passés, celle qui dévora les promesses ambiguës d’une Pologne mal libérée se remémore ses amours, son métier de pédiatre, sa famille et les étapes politiques décisives de ses décennies …