Bavure médicale – Les 700 aveugles de Bafia, de Mutt-Lon

Tiré d’une affaire réelle, quoique tout à fait méconnue, Les 700 aveugles de Bafia permettent à l’auteur camerounais Mutt-Lon, dont c’est ici le second roman, de déployer un récit narratif prenant, sensible et sobre. Composé en flash-backs imbriqués, le roman se dévore pour l’intrigue sans doute plus que pour sa psychologie, dont on sent qu’elle n’est pas le principal moteur de l’écrivain.

Ser terco. Insistir – Marion Messina, Faux Départ

Sobre, digne et cru, le style de Marion Messina, qui suit son héroïne simple et franche, ne cède jamais ni au sarcasme ni au pathos. Résolue à se battre, résignée à simplement survivre, Aurélie donne une voix à la jeunesse provinciale motivée mais perdante d’avance. La jeune prodige égratigne avec brio mais sans désespoir complaisant la fameuse égalité des chances, et règle quelques comptes avec son époque, non sans élégance ni fermeté.

Au fond du trou – Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

Précis, calme, résigné, un roman qui mène à ce qui nous consume tous plus ou moins à la fin d’une longue journée : un peu de justice sans loi, un peu de justice sans autorisation, la ferme attention au monde de ceux qui se planquent le temps qu’il faut pour prouver leur bonne foi, mais reviendront une heure, un court instant, peu importe, porter haut les valeurs qu’ils défendent depuis toujours.